• SUR LA ROUTE

© Hurf

Antigone

Fouille cinématographique dans la mémoire
d’un homme né en Allemagne en 1942.

GÉNÉRIQUE

année : 2015 | durée : 75 min
réalisation & montage : Alice Krichel | montage & mixage son : Yoris Dutour
ping-pong : Stéphane Collin | habillage : Arnaud Jarsaillon
textes : Gunter Krichel | traduction : Birgit Kirkamm & Valérie Ferrand
voix : Gunter Krichel & Bruno Allaigre | musique : Cowbones
images : Friedrich Knipscher, Elisabeth Knipscher-Krichel, Joseph Krichel, Alice Krichel, anonymes, Georges Stevens ("Nazi concentration camps 1945"), archives Framepool, William Wyler (décombres Berlin), Armée de l'air britannique (raid aérien)

BANDE ANNONCE

Mon père est né à Krefeld en Allemagne le 10 juillet 1942.
Il grandit dans une ville décapitée.
À 20 ans il tait la langue maternelle et fuit le silence
de son propre père.
Je suis née en France le 22 mai 1974.
Mon père ne me parle jamais de son enfance.
Sauf.
Un soir.
Sa première sortie au cinéma : Nazi Concentration Camps.
Silence.
2010.
Vingt ans après.
Je l’emmène au bord de la mer.
Il me livre ses souvenirs.
Flashes.
Short Stories.
Musique stridente.
Le silence est rompu.
Les pellicules sortent des caves allemandes.
Tremblement.
Les images muettes grincent contre le déploiement lent des mots.
Les fantômes projettent leurs ombres.
Antigone.
Voyage d'une fille dans les lésions de la mémoire ouverte
de son père.
Une danse sur les ruines.

Alice Krichel - 8 janvier 2015

ÉDITION
• Antigone {Dialogues}, livre/DVD, éditions Nachtbrief + Objet Livre, 2016
• Français, Allemand, 145 pages
• Graphiquement conçu par Brest Brest Brest
• Format 13,5x19cm, impression Pantone Black 6, sur Papier Munken Print White

ENTRETIEN RADIOPHONIQUE


avec Jordane Soubeyrand, Radio Saint Ferréol

RETOURS SUR ANTIGONE (EXTRAITS)
« Il aurait pu n'être qu'un bel hommage à un père - et ç'aurait été déjà bien. Où un machin idéologique sur le devoir de mémoire. C'est beaucoup plus : une œuvre qui évoque Pasolini, ou même Eisenstein, parfois Dziga Vertov mais aussi certains films hallucinés des années pop ou beatnik. Une méditation à la fois sombre et violente.
Il y a une image sublime, vers le début, une image fondée en deux plans : celui dont on a commencé à comprendre qu'il était le père de ton père qui par la magie de ton intuition ajuste ses jumelles pour regarder à travers le temps son fils, ton père, devenu plus âgé que lui.
Mise en abyme essentielle dont je frissonne encore.
»
Serge Rivron, écrivain.

« Ma première impression est celle qu'on a lorsque qu'on boit un alcool fort.
D'abord ça pique, ensuite ça étonne et enfin ça plait et on a envie d'y revenir lorsque la bouteille est vide.
J'ai aimé les regards touchant du vieil homme qu'est maintenant ton père. Son visage vers la mer, vers ses souvenirs d'enfance brisée, l'intimité de sa toilette, la façon dont tu le filmes lorsqu'il dort et la métaphore des pierres que l'on ramasse dans ce grand champs comme pour nettoyer le sol et son passé.
Et l'utilisation des archives non pas pour illustrer mais pour évoquer le récit de l'homme sur ce qu'il a vécut.
Tu as su te mettre à la bonne distance. On ne te voit pas mais on sent ta présence, ton regard, ton écoute dans cette transmission intime.
»
Mehdi Lallaoui, réalisateur et écrivain

« Très beau ! Merci ou bravo sont presque déplacés quand on touche à la matrice de l’univers. Le Poète ne fait que ça, le chamane aussi dans un autre genre. »
Lionel Malric, musicien

« Vision attentive. De l'émotion aussi. Suscitée par la voix de Gunter, par les contrastes entre les images des camps, les soldats qui s'amusent, les vacances en famille. Les ruines et les enfants qui grandissent. Un flot de questions aussi car tu as choisi une forme qui tient de l'essai poétique et du coup utilise beaucoup d'images peu évidentes à "légender". C'est où ? Qui ? Quand ? Après coup, les questions qui ont fusé après le film me semblent parfois mesquines mais révélatrices d'un trouble vis à vis du genre adopté, peu "documentaire". »
Elisabeth Chardon, journaliste.

« Tu maintiens jusqu'au bout ce qu'implique de parler sans esquives et je crois que tu ré-ouvres sur ce "bunker" à la fois intime et historique une brèche que l'histoire s'était empressée de colmater, voir qui n'avait jamais été ouverte !
Je ne sais pas si beaucoup d'allemands, finalement, ont fait ce travail, puisque ce qui suit directement la guerre c'était, ce que dénonce ton père, soit la continuité, soit la réaction, le refus, la projection aveugle dans "l'avenir".
Ton montage très fin révèle, creuse, dégage mais n'explique pas et c'est ce qui lui donne cette sorte d'impact à retardement, quelque chose de très réussi et courageux.
L'exil pour ton père et l'inscription dans une nouvelle langue a peut être donné la distance nécessaire pour faire ce que tu fais dans ce film.
»
David Dupont, réalisateur.

« Surtout que cette image de la ville de Krefeld détruite, cette femme en équilibre si précaire, marchant sur un fil avec sa longue perche de rééquilibre illustre la métaphore si juste de la vie qui se traverse à partir de la destruction.
Naître pour avoir comme sol un fil et non une terre.
»
Anne de Staël, écrivain.

FILM EN INTÉGRALITÉ

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